LE PIGEON BLEU

Le Pigeon Bleu est l'annexe du Merle Moqueur. C'est le rendez-vous solidaire des amis rencontrés au Fou de Bassan. Alors, on rit et on s'amuse au Pigeon Bleu ! NOSE DE CHAMPAGNE

17 juillet 2008

fichage !!!!!!!!!!!

pour obtenir l'abandon du fichier EDVIGE

instituant le fichage systématique et généralisé, dès l’âge de 13 ans, par la police des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et religieux

http://www.nonaedvige.ras.eu.org/


Aujourd'hui 17 juillet 2008, il y a 23156 signatures électroniques enregistrées et 216 siognatures d'organisations, collectifs, partis et syndicats depuis le 10 juillet 2008
Signer la pétition

relayé par ANNA

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La honte

LIBERTA PER MARINA PETRELLA

298615237




















Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps...

C'est bien LA FRANCE qui s'est engagée envers Marina Petrella en dépit des décisions de justice italiennes, en l'accueillant en 1993, en la régularisant en 1998, en la laissant vivre ici pendant quinze ans.
En votre qualité de Président de la France, pour son honneur, je réclame que vous abrogiez le décret d'extradition envers Marina Petrella.

La vie de Marina Petrella dépend de vous : libérez-la!

TZ.

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16 juillet 2008

LES HUIT LECTURES BIAISEES DE JAMES PETRAS SUR DES TEXTES DE FIDEL CASTRO

Yoaquin_Perez_y_Raul_Ryes

Chaque fois que je dois affronter un texte de la nature de celui que vient de nous commettre (au sens universitaire) James Petras : « Fidel Castro and the FARC : Eigth Mistaken Thesis of Fidel Castro »,  je me demande s’il vaut la peine de répondre : sa lecture et ses arguments sont si biaisés, si sollicités que j’ai du mal à croire que l’auteur, censément intelligent et intellectuel, puisse vraiment croire ce qu’il dit et écrit, et si, derrière cette philippique adressée à Fidel, il n’y a pas en fin de compte des sous-entendus différents, ou plutôt une cible occulte. N’étant pas expert en « pétrasisme », ni en polémiques idéologiques étasuniennes, je ne peux trancher. Je me pose juste la question.

En tout cas, puisque c’est écrit, James Petras mérite qu’on lui réplique. Je reprendrai un par un ses« arguments ». Pour ne pas être éventuellement « trahi » par des traductions, je suis allé chercher  son texte original en anglais, toujours dans cette idée qu’il a vraiment mal (je suis gentil) lu les Réflexions de Fidel. Qui font en gros 35 lignes le 3 juillet et 40 le 5 juillet. Soit à peine deux pages et demie. Et dont Petras extirpe rien moins que HUIT THESES !

Une première chose me frappe : une volonté entêtée d’élever le niveau des Réflexions de Fidel et de rabaisser la qualité des connaissances de leur auteur. Un professeur universitaire aussi chevronné que lui ne devrait pas tout d’abord confondre, pour ainsi dire, les genres d’écriture : qualifier de « thèses » ce qui apparaît dans les deux textes de Fidel (3 et 5 juillet 2008, et non 4 juillet) implique un mauvais point de départ en matière d’analyse : Fidel les appelle lui-même bien plus modestement (un ton absent de la réaction de Petras) des « réflexions ». Par ailleurs, aux yeux du professeur universitaire, l’élève Fidel devrait réviser sa copie et mieux étudier sa leçon : en effet, il fait chorus « uncritically » (sans faire preuve d’esprit critique) avec ceux qui condamnent les FARC ; il « oublie » que les contre-révolutions sont encore plus cruelles ; il « omet » de commenter ; il « ne fait pas le moindre effort pour comprendre, voire pour analyser » ; il « omet totalement » de sa discussion ; il « ignore absolument »… Qui plus est, non content d’être ignorant, Fidel adopte une fâcheuse attitude, puisqu’il « dénigre », fait preuve de « condescendance », « sous-estime » Bref, on finit par se demander comment quelqu’un d’aussi peu qualifié ose écrire quoi que ce soit…

Thèse nº 1 : « Castro affirme que la “libération” des prisonniers politiques des FARC “ouvre un chapitre pour la paix en Colombie”… ».

Une thèse astonishing (étonnante, sidérante), selon Petras. Qui est un bien mauvais lecteur.
Dans ses Réflexions du 3 juillet, Fidel écrit textuellement : « Un chapitre de paix s’ouvrait en Colombie, et c’est là quelque chose que Cuba appuie depuis plus de vingt ans comme ce qu’il convient le mieux à l’unité et à la libération des peuples de Notre Amérique, car il leur faut emprunter de nouvelles voies dans les circonstances complexes et spéciales du moment, après l’effondrement de l’URSS au début des années 90 – que je ne tenterai pas d’analyser ici – très différentes de celles qu’avaient connues Cuba,  le Nicaragua et d’autres pays dans les années 50, 60 et 70 du XXe siècle. » Fidel parle ici à l’imparfait, non de la « libération » d’Ingrid Betancourt et des autres otages, le 2 juillet, mais de la libération humanitaire survenue le 10 janvier 2008 de Clara Rojas et Consuelo González, dans le cadre de la Mission Emmanuel. C’est à ce moment-là que s’ouvrait « un chapitre de paix », qui s’est aussitôt refermé parce qu’Uribe a tenu à le refermer par son incursion du 1er mars en Equateur. Je renvoie le lecteur au texte même de ces Réflexions : c’était en janvier qu’un chapitre de paix s’ouvrait, pas le 2 juillet ! Entre temps, a eu lieu la très grave agression de l’armée colombienne en Equateur, menée par Uribe, certes, mais avec, comme Fidel tient à le souligner aussitôt, le concours des USA et de l’administration Bush : « Le bombardement, au petit matin du 1er mars, d’un camp en territoire équatorien où dormaient des guérilleros colombiens et de jeunes visiteurs de différentes nationalités,  avec emploi de technologie yankee, occupation du territoire, coups de grâce aux blessés et enlèvement de cadavres, dans le cadre du plan terroriste de l’administration étasunienne, a répugné au monde entier. »

Fidel n’ignore pas Uribe, mais il pointe du doigt l’ « auteur intellectuel » des méfaits de Bogota, car tout le monde sait que le gouvernement colombien ne se risquerait pas à de telles équipées s’il ne pouvait compter sur l’appui tous azimuts de la Maison-Blanche et s’il ne servait pas de pion des USA sur l’échiquier latino-américain.
La réaction de Petras tombe donc à faux, d’autant qu’il invente ensuite une vision très sui generis  des textes de Fidel : celui-ci, non content de « se garder absolument » de discuter de la terreur massive d’Uribe, « disculpate» (disculpe, innocente) son régime. Il faut vraiment avoir une lecture biaisée des Réflexions de Fidel pour trouver, tant le 3 juillet que le 5 juillet, la moindre « disculpation » d’Uribe ni même la moindre « louange » ou « éloge » à son gouvernement. Quant à son silence sur la décision de la Cour suprême, Petras devrait savoir que Fidel ne se mêle jamais des affaires intérieures des pays latino-américains. Mais il le sait, bien entendu…

Thèse nº 2 : « Fidel Castro dénigre Manuel Marulanda, le chef récemment décédé des FARC, en tant que “paysan, militant communiste, principal leader de la guérilla”. »

Là encore, c’est faire preuve de mauvaise foi. Le lecteur n’ayant pas le texte sous les yeux suppose que Fidel « dénigre » Marulanda à cause de ces attributs mis entre guillemets. Or, à aucun moment, cette citation n’apparaît dans les Réflexions de Fidel, qui écrit le 5 juillet : « Le leader des FARC, décédé récemment, était né le 12 mai 1932, selon le témoignage de son père. Paysan pauvre proche du parti libéral, partisan de Gaitán, il lança la lutte armée voilà soixante ans. Il fut guérillero avant nous, en réaction aux massacres de paysans par l’oligarchie. […] Marulanda, qui possédait un intelligence naturelle et des dons de dirigeant notables, ne put jamais faire d’études, quand il était adolescent, au-delà du primaire. Il concevait une lutte prolongée, ce qui est là un point de vue que je ne partageais pas. Je n’ai jamais eu la possibilité d’échanger avec lui. » Et qui avait écrit le 3 juillet, le présentant (là oui, la citation susmentionnée entre guillemets apparaît, mais absolument pas dans le contexte que lui donne Petras !) : « Manuel Marulanda, paysan et militant communiste, chef principal de cette guérilla née voilà presque un demi-siècle, était toujours en vie. Il est mort le 26 de ce même mois. »

Où Petras voit-il du « dénigrement » là-dedans ?  Fidel fait des constats, dit ses divergences. L’idée est peut-être mal exprimée, mais supposer que Fidel parle « avec condescendance » de Marulanda parce que celui-ci n’a pas fait d’études poussées, pis encore, que son manque d’études l’invaliderait pour être un chef révolutionnaire guérillero digne de ce nom, et que des gens de son espèce seraient juste bons à se mettre aux ordres des « intellectuels et des universitaires mieux appropriés pour conduire la révolution », selon les gloses encore une fois sollicitées de Petras, c’est lui prêter des sentiments et des idées qui n’ont jamais été les siennes en soixante ans de vie politique et révolutionnaire.

Petras se lance ensuite dans une comparaison entre les quarante années de guérilla de Marulanda et le « foco guerrillero castriste », « dans lequel de petits groupes d’intellectuels organiseraient un noyau armé dans l’arrière-pays, entreraient en combat et attireraient le soutien des masses paysannes », mais qui n’est jamais parvenu à mettre sur pied, pourtant où il a été tenté, une « armée nationale populaire politico-militaire ». Notre professeur universitaire devrait savoir qu’on ne peut comparer que des choses comparables : dénigrer le « foco guerrillero » (en en faisant, soit dit en passant, une présentation qui frôle la caricature) pour vanter, corrélativement, la stratégie de la guerre prolongée est absurde, parce que ce sont deux approches différentes, deux conceptions distinctes. L’une cherche la prise du pouvoir ; l’autre, non. Le problème clef est bel et bien le suivant : déclencher la lutte armée, oui, mais pourquoi et pour quoi ? A chacun sa réponse en fonction des circonstances et des objectifs.

Thèse nº 3 : « Castro condamne la “cruauté” des tactiques des FARC “de capturer et de retenir des prisonniers dans la jungle”. »

Qu’écrit donc Fidel à ce sujet ? Le 3 juillet : « Un sentiment d’humanité élémentaire nous fait nous réjouir qu’Ingrid Betancourt, trois Etasuniens et d’autres captifs aient été libérés. Les civils n’auraient jamais dû être séquestrés, ni les militaires maintenus si longtemps comme prisonniers en pleine forêt vierge. C’étaient là des faits objectivement cruels. Aucune visée révolutionnaire ne saurait les justifier. Il faudra à un moment donné analyser à fond les facteurs subjectifs. / A Cuba, nous avons gagné notre guerre révolutionnaire en libérant aussitôt les prisonniers sans aucune condition. Nous remettions à la Croix-Rouge internationale les soldats et les officiers capturés à chaque bataille et ne gardions que leurs armes. Aucun soldat ne les dépose s’il s’attend à la mort ou à un traitement cruel. » Et le 5 juillet : « J’ai critiqué avec énergie et en toute franchise les méthodes objectivement cruelles de l’enlèvement et de la rétention de prisonniers en pleine forêt vierge. »

Décidément, Petras lie fort mal les copies qu’il a sous les yeux (j’espère qu’il était plus sérieux avec celles de ses étudiants) et ses citations entre guillemets ne sont jamais exactes. A deux reprises, Fidel écrit : « objectivement », et parle de la nécessité d’ « analyser à fond les facteurs subjectifs ». Autrement dit, la pensée de Fidel est bien plus nuancée que veut bien nous le faire croire Petras, parce que ça l’arrange : cette « cruauté » objective peut, en fonction des circonstances, s’expliquer, voire se justifier.

Dans les analyses politiques de Fidel, tous les mots comptent. Fidel est bien conscient que les conditions dans lesquelles se battent les FARC sont largement différentes de celles qui avaient prévalu en 1956-1958 quand l’Armée rebelle luttait dans la Sierra Maestra. A cette époque, la technologie militaire et les techniques antiguérillas étaient dans les langes face à la sophistication actuelle des moyens employés et déployés par les Etats-Unis pour liquider les FARC. (Non, je n’ai pas fait une faute de frappe : ce sont bien les Etats-Unis, et non la Colombie, qui font la guerre aux FARC ; penser le contraire, comme le fait Petras, serait se tromper d’analyse et de cible.) La situation interne à Cuba était infiniment moins complexe sur le plan politique qu’en Colombie aujourd’hui, un pays déchiré et ravagé depuis maintenant soixante ans (point de départ,  l’assassinat de Gaitán en 1948, mais déjà les combats  fratricides y existaient) de guerre civile, à quoi s’ajoutent les paramilitaires, les trafiquants de drogue, etc.

Donc, dans ces conditions si terriblement complexes, les facteurs « subjectifs » doivent entrer en ligne de compte : peut-être les analysera-t-il un jour, mais on peut supposer que, parmi ces facteurs subjectifs, la prise d’otages constitue pour ainsi dire une assurance-vie et peut donc se justifier. Un simple exemple : compte tenu des moyens de détection archisophistiqués utilisés par les Etats-Unis et l’armée colombienne à leur solde, capables, comme le signale Fidel, de percer le feuillage de la forêt vierge, de sorte que les guérilleros sont constamment exposés à des bombardements contre lesquels ils n’ont aucun moyen de défense, avoir des otages avec soi est en quelque sorte un moyen d’empêcher l’ennemi d’ouvrir trop facilement et sans trop y penser la soute à bombes. Et plus les otages sont importants du point de vue politique et du renom, mieux c’est dans ce sens, car la présence de citoyens lambda ne serait vraisemblablement pas un obstacle éthique pour les autorités civiles et militaires étasuniennes et colombiennes quand on voit à quel point les garde-fou moraux n’ont aucune importance pour eux.

C’est juste là une idée de ce que pourrait être le facteur « subjectif ». Les otages sont aussi des monnaies d’échange et aussi une assurance-vie pour les guérilleros enfermés dans les prisons du pays. Bref, contrairement à ce qu’on pourrait croire à partir d’une lecture hâtive, Fidel n’oublie jamais le revers de la médaille : oui, il peut y avoir des circonstances qui expliquent pourquoi les FARC y recourent.
Les gloses suivantes de Petras sont indignes d’un intellectuel sérieux et renommé. Mais il ne peut s’empêcher, en bon professeur, de sermonner Fidel : « Les révolutions sont cruelles, mais Fidel oublie que les contre-révolutions le sont encore plus. » Comme si quelqu’un qui est sur la brèche révolutionnaire depuis soixante ans était assez naïf pour ne pas le savoir !

Thèse nº 4 : « Fidel déclare : “Cuba est pour la paix en Colombie, mais non pour l’intervention militaire des USA”. »

Fidel a écrit le 5 juillet : « J’ai dit clairement que nous étions partisans de la paix en Colombie. Mais nous ne sommes pas en faveur de l’intervention militaire étrangère ni de la politique de force que les Etats-Unis prétendent imposer coûte que coûte, quel que soit le prix que doive payer le peuple colombien qui a déjà tant souffert. »

Et le 3 juillet : « Nous observons avec inquiétude que l’impérialisme tente d’exploiter ce qui s’est passé en Colombie afin d’occulter et de justifier ses crimes et ses massacres horribles contre d’autres peuples, de faire oublier à l’opinion publique internationale ses plans interventionnistes au Venezuela et en Bolivie, ainsi que la présence de la  IVe Flotte venue en renfort de sa ligne politique : liquider totalement l’indépendance des autres pays au sud de ses frontières et s’emparer de leurs ressources naturelles. »

Petras reproche à Fidel de croire que l’intervention en Colombie est imposée par Washington, alors que, selon lui, Uribe et l’oligarchie colombienne sont preneurs dans le cadre de la lutte des classes nationale. Décidément, celui qui est plein de « condescendance », c’est Petras, pas Fidel ! Supposer que celui-ci ne le sait pas, c’est se ridiculiser soi-même, pas l’adversaire. Fidel veut tout simplement rappeler que sans les USA derrière, Uribe ne serait pas en mesure de mener son offensive fondée sur la conviction qu’il peut remporter la guerre contre les FARC et les mettre à genou, ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait jamais eu à l’idée, faute d’avoir le soutien tous azimuts de la Maison-Blanche et dans un contexte de « lutte antiterroriste » mondial imposé par la plus grande puissance militaire de tous les temps. Fidel rappelle toujours et encore où est l’ennemi principal. Ce que Petras oublie un peut trop souvent.

Quant aux commentaires qui suivent, ils sont si indignes d’un intellectuel sérieux qu’ils ne méritent aucune réponse ; on les dirait écrits par un plumitif de Miami ! Les voici donc dans toute leur « vénéneuse laideur » : « Fidel ignore absolument que les escadrons de la mort continuent de tuer des militants désarmés des mouvements sociaux, et le manque de solidarité de Cuba avec tous les mouvements colombiens depuis que La Havane a développé des relations diplomatiques et commerciales avec le régime Uribe. Jongler avec les intérêts nationaux cubains, à savoir les relations diplomatiques et économiques avec la Colombie, et la revendication à des lettres de créance révolutionnaires fait-il donc partie des “complexités” de la politique étrangère cubaine ? »

Accusation médiocre et parfaitement gratuite dont on attend la moindre preuve. Les preuves contraires abondent, en revanche. Un seul exemple : que Petras s’informe auprès des négociateurs étasuniens qui eurent à discuter des conditions de la fin de la guerre en Angola avec les Cubains si ceux-ci « jonglaient », alors que les « intérêts nationaux » en jeu étaient pourtant bien plus cruciaux pour eux en l’occurrence que dans le cas non prouvé qu’il cite, et s’ils ont renoncé à leurs principes et à leurs conditions pour obtenir des concessions de Washington, qui auraient été ravis de leur en faire en ces circonstances-là !

J’oserai simplement rappeler aussi à Petras l’attitude de la Révolution cubaine durant la Crise des missiles en octobre 1962, quand là encore, les intérêts nationaux de Cuba étaient infiniment plus en jeu que dans le cas colombien. Si Cuba avait fait les concessions que les USA lui demandaient, il est certain que Cuba n’aurait pas eu à supporter cinquante ans de guerre tous azimuts de Washington. Même là, la Révolution cubaine n’a pas fait passer ses intérêts nationaux avant ses principes. On ne peut écrire n’importe quoi, James Petras, ni faire dire ce que l’on veut à l’Histoire !

Thèse nº 5 : « Castro appelle les FARC à libérer sur-le-champ tous leurs prisonniers, sans le moindre égard pour les cinq cents guérilleros… »

Oui, dont acte, Fidel aurait dû dire explicitement que la libération des otages devait entraîner du fait même celle des prisonniers d’Uribe. Mais de là à supposer que le sort de ces derniers lui importe peu, c’est là encore ne faire aucun cas de sa manière de voir et de penser pendant soixante ans…

Il n’y a aucune vision « moralisante » de la situation colombienne dans l’approche de Fidel. Une simple question d’efficacité politique, tout simplement. S’il demande la libération des otages, ce n’est sans doute même pas par humanisme : c’est qu’elle placerait Uribe et les va-t-en guerre étasuniens et colombiens dans une situation politique terriblement embarrassante, parce que la balle serait dès lors dans leur camp et qu’ils seraient bien obligés de la refaire passer de l’autre côté du filet, faute de quoi ils sombreraient dans le discrédit. Pour Fidel, à partir du moment où les otages – dont il reconnaît la valeur « subjective » - ne sont plus un instrument efficace pour contrer l’ennemi et lui imposer ses conditions, il vaut mieux alors s’en débarrasser en plaçant l’ennemi dans une situation totalement en porte-à-faux.  En étant cynique – mais Fidel ne l’est jamais – on pourrait presque dire que les otages sont, dans les circonstances concrètes du moment actuel en Colombie et de l’intervention accrue des Etats-Unis – un instrument politico-militaire bien plus efficace pour les FARC par leur libération que par leur rétention.
Selon Petras, Fidel « se vante » d’avoir libéré les soldats prisonniers dans la Sierra Maestra et « tente d’imposer… ses tactiques… sans faire le moindre effort pour comprendre, encore moins analyser » les conditions spécifiques de la Colombie. Et voilà l’élève Castro de nouveau recalé par le grincheux professeur !  Et moi qui croyais que Fidel était justement un esprit supérieur dont l’acuité d’analyse et la capacité à faire le tour d’une question dans ses moindres détails avaient permis à la Révolution cubaine, entre autres facteurs, de résister à cinquante ans de guerre impérialiste ! Dire et expliquer ce qu’on fait, est-ce donc synonyme de « se vanter », voire d’ « imposer » ?

Thèse nº 6 : « Castro demande aux FARC de mettre fin à la guérilla, mais de ne pas rendre les armes… »

Là encore, je cherche dans les deux Réflexions de Fidel et ne trouve rien d’un prétendu appel à renoncer à la guérilla. Fidel écrit le 5 juillet : « Mais je ne suggère à personne de déposer les armes dans la mesure où ceux qui l’on fait ces cinquante dernières années n’ont pas survécu à la paix. Si j’ose me permettre de suggérer quelque chose aux guérilleros des FARC, c’est tout simplement de déclarer par n’importe quel moyen leur disposition à libérer les séquestrés et les prisonniers en leur pouvoir, sans la moindre condition. Je ne prétends pas qu’ils m’écoutent ; je fais mon devoir en exprimant ce que je pense. Toute autre attitude ne servirait qu’à primer la déloyauté et la trahison. »

Où est donc cet appel à cesser la guérilla ? Décidément, le courroux trouble la vue (et les vues) de Petras ! Et où a-t-il donc vu que Fidel leur « suggère d’accepter l’offre de la France d’abandonner leur pays ou la proposition de Chávez (le “frère” et “ami » d’Uribe) de négocier et d’assurer la mise en place d’une commission faite de notables latino-américains qui superviseraient leur intégration dans la politique colombienne. » Je ne sais si Chávez a fait une telle proposition (Petras lit si mal, apparemment), mais je ne vois rien dans le texte de Fidel qui laisse à penser qu’il la fasse sienne ! Pour un intellectuel qui veut qu’on le respecte, c’est vraiment beaucoup de mauvaise foi !

Devrais-je rappeler à Petras que les FARC sont bien moins papistes que lui et que, dans leur déclaration du 18 décembre 2007 dans laquelle elles annonçaient la libération unilatérale de Consuelo González, de Clara Rojas et de son petit enfant Emmanuel, elles ratifiaient leur décision « de concrétiser un accord humanitaire et de progresser vers un règlement politique du conflit social et armé dans le cadre d’un processus entouré de pleines garanties de la part de l’Etat » ?

Thèse nº 7 : « Fidel Castro ignore totalement dans sa discussion la façon dont chaque dirigeant politique impliqué dans la “mission humanitaire” a utilisé la célébration de la “libération” de Betancourt pour couvrir ses sérieuses difficultés politiques et en détourner l’attention. »

Et il cite les cas d’Uribe,  de Sarkozy, de Chávez, tous mis dans le même sac (un Sarkozy et un Chávez !). Je me demande bien ce que vient faire ce point dans les « thèses » de Fidel. Là encore la mauvaise foi de Petras face au président vénézuélien est patente, et je laisse le lecteur en juger en parcourant son article… Mauvaise foi tout aussi éclatante au sujet de Fidel : « Cuba, ou du moins Fidel Castro, a utilisé la “libération” de Betancourt pour étaler son hostilité de longue date (au moins depuis 1990) envers les FARC qui gênent sa politique de réconciliation avec le régime colombien. »  De nouveau, accusation absolument gratuite et sans fondement ! On aimerait en tout cas que Petras soit plus explicite sur cette « hostilité de longue date » de la Révolution cubaine envers les FARC.

Je sais en tout cas, moi, qu’en juin 2007, Granda, le « ministre des affaires étrangères » des FARC, était à La Havane, « à la demande expresse, non seulement du gouvernement colombien, mais aussi des FARC et de Granda en personne. Il se trouve à Cuba, et nous croyons que notre décision est dans le droit fil de la position historique de Cuba de tenter de contribuer, en respectant la souveraineté de la Colombie, à un règlement négocié du conflit interne » (déclaration en conférence de presse de Felipe Pérez Roque, ministre cubain des Relations extérieures,  le 20 juin 2007). Ceci ne colle guère avec la prétendue hostilité de la Révolution cubaine envers les FARC…

Autre preuve : l’accueil dans l’île de guérilleros des FARC fournit au State Department un prétexte parfait pour accuser Cuba, dans ses fameux Livres blancs, de pays « terroriste ». Ainsi, en 2004, on pouvait y lire : «  La Havane a autorisé une vingtaine de membres de l’ETA à séjourner à Cuba et a accordé refuge et un certain appui à des membres des FARC et de l’ELN. Bogota était au courant de cet arrangement et y a apparemment donné son assentiment ; les Colombiens ont déclaré publiquement qu’ils continuaient de rechercher les bons offices cubains auprès des agents de l’ELN à Cuba. Dans une déclaration émise par le ministre cubain des affaires étrangères en mai 2003, celui-ci prétend que la présence de membres de l’ETA à Cuba est due à une demande d’aide de l’Espagne et du Panama et qu’il s’agit d’une question bilatérale intéressant Cuba et l’Espagne. La même déclaration défend l’aide apportée aux FARC et à l’ELN comme étant une contribution à une solution négociée avec la Colombie. » Là encore,  comment Cuba accueillerait des guérilleros pour leur éviter la mort en Colombie si elle était hostile aux FARC ?

Par ailleurs, pour se « réconcilier » avec Uribe, Fidel (ou Cuba) n’avait pas besoin de laisser tomber les FARC.  Uribe était preneur. Et les gouvernements colombiens antérieurs aussi.

Sans doute Petras ignore-t-il cette conversation téléphonique du président colombien avec l’ambassadeur cubain à Caracas, qui avait fait partie des garants internationaux ayant encadré la première tentative de libération humanitaire des deux femmes et de l’enfant. Celle-ci ayant échoué pour les raisons que l’on sait, Uribe dit à Germán Sánchez, l’ambassadeur en question (c’est ce dernier qui le relate dans son livre Transparencia de Emmanuel) : « Cordialement, quoique à la hâte, il remercia par mon intermédiaire le gouvernement cubain d’avoir participé à la mission humanitaire, m’indiquant avoir conversé avec Raúl Castro, Carlos Lage, Felipe Pérez Roque et Ricardo Alarcón. “Je vous prie de dire à Fidel et à Raúl que je leur demande de m’aider à poursuivre cette mission de libération des otages. Je leur demande aussi de nous aider à restaurer les relations entre le Venezuela et la Colombie. Transmettez-leur à tous deux mes meilleurs vœux de Nouvel An”. » (p. 114) Quand l’opération humanitaire peut reprendre quelque temps après, Uribe en personne demande que l’ambassadeur cubain soit présent. Carlos Valenciaga, secrétaire du Conseil d’Etat, téléphone à Germán Sánchez, le 9 janvier 2008, pour lui faire savoir ce qui suit : « Notre ambassadeur en Colombie vient de nous informer il y a juste quelques minutes que le président Uribe lui avait fait part de son désir qu’un représentant cubain participe à l’opération de libération des deux captives. Le président Uribe sait qu’il n’est pas prévu cette fois que des garants d’autres pays y participent, mais il veut symboliser par la présence d’un représentant cubain la reconnaissance spéciale de la Colombie à Cuba pour l’aide que nous avons apportée depuis des années à l’avancée des conversations de paix. » (pp. 133-134)
Comme quoi, les choses ne sont pas aussi en noir et blanc que le pense Petras.

Thèse nº 8 : « Adoptant une posture humanitaire et quasi-électorale en célébrant la libération de Betancourt, Castro a éreinté les FARC pour leur “cruauté” et leur résistance armée au régime terroriste d’Uribe. Castro a attaqué la “structure autoritaire et la direction dogmatique” des FARC… »

Décidément, James Petras doit se hâter de changer de lunettes parce que sa lecture est vraiment, là oui, « astonishing » ! Fidel écrit le 3 juillet : « Un sentiment d’humanité élémentaire nous fait nous réjouir qu’Ingrid Betancourt, trois Etasuniens et d’autres captifs aient été libérés. » Libre à Petras de voir là une « posture humanitaire », à supposer que celle-ci soit critiquable. Par contre, je ne saisis pas très bien ce que veut dire ce « quasi-électoral », mais apparemment, pour lui, tous les coups sont bons.

Je sais que Petras est un politologue, non un linguiste, mais voir un « éreintement » dans les propos de Fidel, c’est vraiment faire dire aux mots ce qu’ils ne veulent pas dire. Fidel a affirmé que les enlèvements étaient « une méthode objectivement cruelle », mais qu’il pouvait l’admettre en certaines circonstances « subjectives » qu’il faudrait analyser, et il l’a fait dans des termes qui ne dénotent ni ne connotent aucun « éreintement ». Par ailleurs, je défie Petras d’indiquer à quel endroit de ses Réflexions Fidel « éreinte » les FARC parce qu’elles résistent les armes à la main au gouvernement colombien !
Enfin, mais c’est beaucoup de lectures biaisées en si peu de lignes, ce n’est pas « la structure autoritaire et la direction dogmatique » des FARC que Fidel signale comme facteur négatif, mais celles du Parti communiste colombien. Je suppose que Petras, qui connaît la langue espagnole, lit les réflexions de Fidel dans l’original. Celui-ci écrit le 5 juillet : « Le Parti communiste – où il [Marulanda] entra ensuite – était soumis, comme tous les autres d’Amérique latine, à l’influence de celui de l’Union soviétique, et non de celui de Cuba. Il était solidaire de notre Révolution, mais non subordonné. […] Jamais le Parti communiste colombien ne s’est proposé de conquérir le pouvoir par les armes. La guérilla était un front de résistance, non l’instrument fondamental de la conquête du pouvoir révolutionnaire, comme ça s’est passé à Cuba. En 1993, à leur huitième Congrès, les FARC décidèrent de rompre avec le Parti communiste. Leur chef, Manuel Marulanda, prit la direction des guérillas de ce dernier qui s’était toujours caractérisé par un sectarisme hermétique au sujet de l’admission de combattants et par ses méthodes de cloisonnement rigides à la direction. »

« La structure autoritaire et la direction dogmatique » ne sont donc pas le fait des FARC, mais celui du Parti communiste colombien avec lequel Marulanda rompt justement pour les motifs que signale Fidel. Et non pour ceux que cite Petras ! Un petit commentaire sur ce dernier point : il est vraiment curieux et attristant qu’un professeur universitaire prenne tant de libertés avec les citations de l’auteur commenté et qu’il présente ses propres interprétations comme celles, littérales – puisque entre guillemets – de Fidel ! Comme le lecteur peut le constater par lui-même, la phrase « structure autoritaire et direction dogmatique » n’apparaît à aucun moment dans le texte de Fidel dont les analyses sont plus subtiles que celles de son critique…
Enfin, je me demande – mais on sent bien qu’il brûlait d’envie de le dire, même si ça tombe comme un cheveu sur la soupe (là encore, il oublie les règles élémentaires des dissertations universitaires) ! – ce que vient faire la dernière phrase de ce paragraphe, plus digne, là encore, dans ses notations et connotations, d’un plumitif de Miami ou d’un porte-parole  de la Maison-Blanche que d’un intellectuel qui se respecte…  Je la reproduis : « En revanche, Castro n’a jamais permis de débats ni d’élections libres et ouverts, même entre candidats communistes, dans aucun processus législatif – du moins jusqu’à son remplacement par Raúl Castro. »

Enfin, que Fidel ait « servi ses propres intérêts politiques personnels en cognant sur les FARC et en célébrant Betancourt aux dépens du peuple colombien », c’est là encore une lecture vraiment sollicitée de ses Réflexions. De nouveau, j’en laisse juge le lecteur. Mais évidemment, Petras se fait un malin plaisir, quoique plaisir bon marché, à fourrer dans le même sac Uribe, Sarkozy, Chávez et Castro… Comme si, à ce moment de sa vie, Fidel avaient des « intérêts personnels politiques » à rechercher !

En conclusion, que je ne peux m’empêcher de citer au complet, Petras revient sur cette même obsession :

« Castro a-t-il clairement réfléchi aux conséquences désastreuses  pour des millions de Colombiens appauvris ou bien n’a-t-il en tête que la possibilité d’une amélioration des relations entre Cuba et la Colombie, une fois liquidées les FARC ? Les articles de Castro contre les FARC ont eu pour effet de fournir des munitions aux médias impériaux afin de discréditer les FARC et toute résistance armée à la tyrannie et d’améliorer l’image d’Uribe, le président des escadrons de la mort. En niant l’histoire et la pratique révolutionnaires d’un mouvement populaire en cours et du brillant dirigeant qui l’a construit, le premier leader révolutionnaire du monde nie aux mouvements à venir un riche héritage de résistance et de construction réussies. L’Histoire ne l’acquittera pas. »

Donc, c’est entendu : Fidel n’a qu’un seul intérêt, améliorer les relations entre Cuba et la Colombie. C’est là le fil rouge des « réflexions » de Petras. Ce qui, quand on sait l’opinion d’Uribe au sujet de Cuba, est un fil erroné. D’où Petras a-t-il sorti ces déductions, nul ne le sait.

Il semblerait que Petras exagère un peu trop la portée des Réflexions de Fidel. Y voir, comme il le dit dans son introduction, des « commentaires critiques sur la politique, la structure, les pratiques, la tactique et la stratégie des FARC », c’est vraiment jouer sur les mots : le lecteur non informé supposera que Fidel a écrit un essai volumineux en bonne et due forme pour aborder tant de points si complexes ; le lecteur informé, lui, sourira de voir un intellectuel de renom mentir si mal et tant chercher à tirer la couverture à soi.

Il est enfin un dernier point que Petras ne semble pas bien saisir : le rôle que l’impérialisme étasunien est en train de jouer, par Uribe interposée, en Amérique latine en vue d’y contrer les nouveaux gouvernements qui ont modifié du tout au tout le visage politique du sous-continent. Washington y est en pleine offensive et cherche à rattraper le temps perdu, et le gouvernement colombien est bel et bien son fer de lance. On constatera que Fidel parle presque toujours – ce qui chagrine Petras – des USA, et quasiment jamais du gouvernement colombien. C’est un bien trop fin et trop vieux renard politique pour se laisser duper : cette « obsession » de Fidel, cette « fixation » sur les Etats-Unis peuvent relever pour un James Petras d’une mentalité parano ou à manie de la persécution. L’histoire de Notre Amérique dit, bien entendu, toute autre chose : la superpuissance n’a cessé d’être là, maléfique, dans tous les événements du sous-continent. L’important, pour Fidel, ce n’est pas le gouvernement colombien, dont les moyens de nuisance extérieure sont limités, mais Washington qui est en train de livrer au sous-continent une guerre de moins en moins larvée et dont les moyens de nuisance sont, eux, infinis. Comparer le rôle que la Colombie est en train de jouer en Amérique latine avec celui d’Israël au Moyen-Orient n’est pas du tout une figure de style, mais bel et bien le constat d’une triste réalité. La politique de la Révolution cubaine, mais aussi celle des gouvernements latino-américains « progressistes » est par conséquent de  rogner le plus possible les griffes du régime d’Uribe pour l’empêcher de servir de fer de lance de l’Empire contre eux. Et de le faire en marge des Etats-Unis (par exemple la réunion du Groupe de Rio qui a désamorcé les conséquences de l’attaque uribienne contre l’Equateur). Quand Chávez accepte de rencontrer Uribe et que tous deux relancent des projets énergétiques bilatéraux favorables à l’ensemble de la région latino-américaine, il ne le fait sûrement pas sans un haut-le-cœur, mais il le fait parce que ces activités d’Etat sont un moyen d’impliquer un peu plus Uribe dans des relations normales avec ses voisins, et donc de lui faire retourner vers l’Amérique latine l’œil qu’il a toujours tourné vers Washington. C’est, encore une fois, lui rogner les griffes qu’il a, fort aiguisées, au service de la Maison-Blanche et de l’oligarchie colombienne.

Car, par un fantastique renversement de l’histoire latino-américaine, alors que, dans les années 60, les USA avaient alors eu derrière eux tous les gouvernements latino-américains (sauf le Mexique) pour jouer ce rôle de traîtres contre la Révolution cubaine, il n’y a plus maintenant qu’un Uribe pour leur servir de fantoche (comme on disait dans les temps). Ou, plus discrètement, un Pérou, où l’on vient d’apprendre, malgré les démentis d’Alan García, que les USA étaient en train de construire un espace au Callao pour accueillir les bâtiments de la IVe Flotte.

Maintenir en respect le « géant aux bottes de sept lieues », pour reprendre l’image de Martí, implique des stratégies et des tactiques bien plus subtiles que celles que semble proposer le pur et dur James Petras. Et une volonté d’union, si souvent absente à ce jour.

Libre à Petras de critiquer Fidel. Mais qu’il le fasse en le lisant correctement et en ne dénaturant pas si ouvertement ses propos. A moins, encore une fois, – parce qu’un intellectuel de renom n’a pas le droit de se rabaisser à de telles « lectures » – que ces « diatribes » ne visent une autre cible et qu’il y ait anguille sous roche.

Par Jean-François BONALDI.

Original anglais

transmis par NOSE DE CHAMPAGNE

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13 juillet 2008

LES CAISSES DE LA FRANCE SONT VIDES...

Liberte_egalite_fraternite_tympanum_church_saint_pancrace_aups_var




















A l'occasion des fêtes fastueuses de S.M. Nicolas II, le site sera exceptionnellement fermé pour économie le 14 Juillet jusqu'à 21h où débutera le BAL POPULAIRE des déculottés (sans-culottes).

NB : Seuls les ex-voto peuvent être déposés à la chapelle jusqu'à 21h.


Maxime Le Forestier

JE M'EN FOUS DE LA FRANCE
Paroles et musique: Maxime Le Forestier

Je m'en fous de la France.
On m'a menti.
On a profité de mon enfance
Pour me faire croire à une patrie.

Je demande à voir la liberté,
La liberté qui était marquée
Sur le portail de mon école,
Liberté de chanter
Mais, attention,
Sorti de l'atelier,
Liberté de voir
Les conneries
Débitées dans France Foire,
Liberté de penser
La même chose que la majorité.

Je m'en fous de la France.
On m'a menti.
On a profité de mon enfance
Pour me faire croire à une patrie.

Je demande à voir l'égalité,
L'égalité qui était gravée
Sur le fronton de ma mairie.
Égaux, ta femme et toi
Mais pas la paie de fin de mois.
Égaux, toi et ton fils
Quand il aura fait son service.
Égaux, les hommes et toi
Mais s'ils sont plus grand, t'as pas le choix.

Je m'en fous de la France.
On m'a menti.
On a profité de mon enfance
Pour me faire croire à une patrie.

Je voudrais voir la fraternité,
La fraternité racontée
Dans le linteau de cette église.
Fraternel dans les moeurs,
Mais en tenant compte de la couleur.
Fraternel avec celui
Qu'a pu apprendre à dire merci.
Fraternel, on est tous frères,
Mais à la guerre comme à la guerre.

Je m'en fous de la France.
On m'a menti.
On a profité de mon enfance
Pour me faire croire à des conneries.

sarko

                                                                                  

TZ.                                                                                                               

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12 juillet 2008

DEMAIN, 21 HEURES, PLACE D'ARMES À VITRY LE FRANCOIS...

neu3_1_ ... Ten Years After. Viendez massivement les copains ! ""I'd Love to Change the World"...

Y aura pas Alvin Lee, mais les autres seront là ! Et tous les nostalgiques de Woodstock seront à Vitry !

On sera des millions selon la police et des dizaines de millions selon les organisateurs !

NOSE DE CHAMPAGNE

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11 juillet 2008

LES GENERAUX COLOMBIENS QUI ONT ASSASSINE 160 MARTINIQUAIS TOUJOURS EN LIBERTE !

vendredi 4 juillet 2008 , mis en ligne par Raphaël CONFIANT

La presse occidentale ne cesse depuis deux jours de nous bassiner avec la libération d’Ingrid Betancourt, chose tout à fait normale puisque ladite presse, au service de l’impérialisme, a toujours apporté un soutien sans faille au « chiot » (dixit Hugo Chavez) de cet impérialisme, à savoir Alvaro Uribe, président de la Colombie et vouant aux gémonies, dans le même temps, les FARC.

Tous ces hourrahs, ces félicitations et auto-félicitations sont donc dans la logique de choses. Ce qui l’est moins, c’est que la presse des pays du Sud abonde dans le même sens, et singulièrement celle de la Martinique et de la Guadeloupe, oubliant par-là même que nos deux pays ont un sérieux contentieux non pas avec la Colombie, non pas avec le peuple colombien, mais avec le gouvernement d’Uribe et ses généraux.

En effet, le 16 août 2005, un avion colombien de la West-Caribeean Airways s’écrasait à la frontière Colombo-Vénézuélienne avec 160 Martiniquais et Guadeloupéens à son bord. Cet avion était un avion-poubelle. Un avion de vingt-cinq ans d’âge, rafistolé avec des pièces de rechange achetées au marché noir et auquel ses propriétaires imposaient des rotations démentielles entre les Petites Antilles, en particulier la Martinique et la Guadeloupe, et l’Amérique centrale (Panama, Costa-Rica etc.…). L’enquête qui a suivi le crash a ainsi démontré que l’avion en cause pouvait effectuer jusqu’à trois rotations dans la même journée (nuit comprise) entre, par exemple, Fort-de-France, Pointe-à-Pitre et Panama-City !

Les principaux actionnaires de la West-Caribbean Airways sont des généraux de l’armée colombienne, proches du président Uribe. Bien que l’Aviation Civile Colombienne elle-même ait, à diverses reprises, produit des rapports dénonçant le manque de fiabilité de la flotte de cette compagnie, bien que des mesures d’interdiction de vol aient été temporairement prises à son encontre, les avions-poubelle colombiens n’en continuèrent pas moins à transporter des passagers Martiniquais et Guadeloupéens en Amérique centrale.

Pourquoi ? Et comment était-ce possible.

Pourquoi ? Pour une question de fric tout simplement ! La Martinique et la Guadeloupe disposent de la monnaie la plus forte du monde, l’euro, et ont un pouvoir d’achat considérablement supérieur aux pays voisins. Les actionnaires de la West-Caribbean y ont vu là un bon moyen de rafler des sous sans bourse délier eux-mêmes, c’est-à-dire sans effectuer sur leurs avions les contrôles permanents exigés par l’Aviation Civile Internationale. Ces millions d’euros sont allés directement dans les poches des généraux colombiens actionnaires de la compagnie.

Comment ? Parce que l’Aviation Civile Française n’effectuait que des contrôles superficiels sur les vols de la West-Caribbean au départ des aéroports de la Martinique et de la Guadeloupe. Sans compter que, malins comme des singes, cette compagnie s’arrangeait souvent pour les y faire décoller entre 2h et 4h du matin, moment où les contrôleurs de nos deux pays n’étaient pas en activité.

Lorsque l’avion-poubelle a fini par s’écraser, à aucun moment les autorités colombiennes n’ont dépêché des secours à Machique, zone située certes au Venezuela, mais tout près de la frontière colombienne. Lorsqu’au stade de Dillon, à Fort-de-France, une grande cérémonie de deuil fut organisée en présence de divers chefs d’état (Chirac, Chavez etc.), la Colombie n’envoya aucun représentant officiel ! Trois jours plus tard, une sous-ministresse de la Culture (sic) débarqua à Fort-de-France en s’excusant de n’avoir pas pu rallier à temps la Martinique à cause des difficultés de…liaison aérienne.

A l’évidence, le comportement du gouvernement Uribe a relevé du mépris pur et simple envers les Martiniquais et les Guadeloupéens. Envers les nègres martiniquais et guadeloupéens. Car outre l’appât du gain, il ne faut pas sous-estimer le côté raciste de cette affaire quand on sait qu’en Colombie, nègres et Indiens sont traités comme des sous-hommes. D’ailleurs, on remarquera que jamais la West-Caribbean n’a mis d’avions-poubelle sur ses lignes en direction des Etats-Unis. Voyager de Bogota à Miami ou de Bogota à Boston sur West-Caribbean, c’était voyager sur des avions presque neufs et surtout parfaitement sûrs. Normal, la clientèle yankee qui était transportée était majoritairement WASP (White Anglo-Saxon Protestant) !

Donc, des généraux colombiens actionnaires de cette compagnie sont directement responsables de la mort de 160 Martiniquais et Guadeloupéens. Or, quelle action a été entreprise contre eux ? Aucune ! Ni le gouvernement Chirac ni celui de Sarkozy n’ont soulevé ce problème puisque Alvaro Uribe est le dernier chien de garde de l’impérialisme occidental en Amérique du Sud. Quant à nos autorités locales (conseil régional et général), elles ne pouvaient rien faire vu les pouvoirs restreints dont elles disposent, notamment en matière de relations avec le reste de la Caraïbe. Enfin, quant aux familles des disparus, écrasées par la douleur, on comprend tout à fait que cet aspect des choses ait pu leur échapper.

Il me semble que le temps est venu de lever le voile sur ce crime commis de sang-froid par les généraux colombiens actionnaires de la West-Caribbean lesquels savaient pertinemment que les avions qu’ils faisaient voler vers nos pays étaient des avions-poubelle. Le gouvernement français a tout à fait la possibilité d’exiger de Bogota que leurs noms soient révélés publiquement et qu’une action en justice soit entreprise à leur encontre par une instance judiciaire internationale. Pourquoi pas le Tribunal pénal international ? Il faudrait aussi que nos élus antillais cessent de cacher leur tête sous le sable comme des autruches et fassent pression sur l’Elysée pour obliger ce dernier à agir. Et l’opinion publique antillaise, notamment les intellectuels, devraient se mobiliser également au lieu d’applaudir comme des « « tèbè » à la libération d’Ingrid Betancourt. Je précise que je n’ai rien contre cette personne en particulier. Qu’elle ait pu être libérée est une bonne chose. Bravo ! Mais pourquoi n’y a-t-il aucune mobilisation internationale en faveur de la libération des 11.000 Palestiniens qui croupissent depuis des années dans les geôles d’Israël ? Pourquoi Bush et Sarkozy s’apprêtent-ils à participer à l’ouverture des J.O. de Pékin alors que les peuples du Tibet et du Sin-Kiang (musulmans) sont écrasés par le régime de Pékin ? Deux poids, deux mesures comme d’habitude…

J’appelle donc la presse antillaise à un peu plus de décence quant à la libération de madame Betancourt. Leur jubilation, reproduction simiesque de celle de la presse occidentale, est une insulte envers nos 160 compatriotes assassinés lors du crash de la West-Caribbean.

Relayé par Francis

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10 juillet 2008

LES ENIGMES FUNKY DU CORMORAN (suite et fin)

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TZ.

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09 juillet 2008

MONTAGE NERUDIEN

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FIDEL_2 MORALES_CORREA_CHAVEZ farc_p

PROMULGATION…

« Pour le riche, la bonne table.

Le tas d’ordures pour les pauvres.

La prospérité pour les riches.

Et pour les pauvres, le turbin.

Pour les riches, la résidence.

Le bidonville pour les pauvres.

L’immunité pour le truand.

La prison pour qui vole un pain.

Paris pour les fils à papa.

Le pauvre, à la mine, au désert. »

ILS SONT ICI…

« … Camarades: sachez que notre lutte

Va continuer sur cette terre… »

LE PEUPLE VICTORIEUX…

« Mon cœur se tient dans cette lutte.

Mon peuple vaincra. Tous les peuples

Vaincront l’un après l’autre.

Ces douleurs

Seront tordues et retordues tels des mouchoirs

Pour éponger tant de larmes versées

Dans les galeries du désert, les tombes,

Et sur les marches du martyre.

Mais le temps victorieux approche.

Que la haine serve afin que ne tremblent

Les mains du châtiment,

Que l’heure,

À l’instant pur, arrive à son horaire,

Que le peuple remplisse les rues vides

De ses dimensions fraîches et fermes.

Voici, pour cette heure-là, ma tendresse.

Vous la connaissez. Je n’ai pas d’autre drapeau. »

À MON PARTI…

 

« Tu m’as donné la fraternité envers celui que je ne

connais pas.

Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui

vivent.

Tu m’as redonné la patrie comme une autre

Naissance.

Tu m’as donné la liberté que ne possède pas le

Solitaire.

Tu m’as appris à allumer, comme un feu, la bonté.

Tu m’as donné la rectitude qu’il faut à l’arbre.

Tu m’as appris à voir l’unité et la variété de

L’homme.

Tu m’as montré comment la douleur de l’individu

Meurt avec la victoire de tous.

Tu m’as appris à dormir dans les durs lits de mes

Frères.

Tu m’as fait l’adversaire du méchant, tu m’as fait

Mur contre le frénétique.

Tu m’as fait voir la clarté du monde et la possiblité

De la joie.

Tu m’as rendu indestructible car grâce à toi je ne

finis plus avec moi. »

Extraits du « Canto general » de Pablo NERUDA, in NRF Poésie/Gallimard A 32247(pages 206, 238, 517)

Février 1984

proposé par NOSE DE CHAMPAGNE

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08 juillet 2008

FETE DU CHATEAU A NICE

Samedi et Dimanche, les débats notamment avec MG Buffet, sur l'Amérique Latine et concerts ont remporté un vif succès lors de la Fête annuelle des communistes des Alpes Maritimes dans une ambiance fraternelle et festive.

TZ.


Reportage photo Lisa


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Posté par Le Pigeon Bleu à 20:40 - Commentaires [44] - Permalien [#]

07 juillet 2008

Des poèmes inédits de Pablo Neruda découverts au Chili.

NerudanerudaliciaDatant de 1969, le recueil « Album d’Isla Negra » est dédié à Alicia Urrutia, une nièce de Mathilde, l’épouse du poète.

L’histoire était déjà connue au Chili et des écrivains tels que Jorge Edwards, Volodia Teitelboim ou Enrique Lafourcade, en avaient déjà parlé plus ou moins ouvertement. La dernière histoire d’amour de Neruda n’était pas seulement sa veuve, Matilde Urrutia, mais il y a eu aussi Alicia, une nièce de Matilde.

Ce que par contre on ignorait complètement jusqu’ici, c’est que l’ancien l’ambassadeur du Chili en France et prix Nobel de littérature avait dédié à la jeune Alicia un recueil de brefs poèmes acquis récemment par l’avocat chilien Nurieldin Hermosilla, un collectionneur et fin connaisseur de l’œuvre du poète.

Dans une interview avec le quotidien El Mercurio, Hermosilla raconte que les poèmes présents dans l’Album d’Isla Negra sont écrits avec l’encre verte typique que Neruda utilisait pour ses textes, ce qui exclut toute possibilité de falsification. Le "P" de Pablo est très particulier dans les manuscrits de Neruda et « très difficile » à imiter, explique-t-il.

Sur un plan littéraire, Hermosilla considère que "c’est un aspect qui est presque absent bien que l’écriture devienne par instants douce, suave et tragiquement triste". Il est remarquable -ajoute-t-il- qu’à ses 65 ans, Neruda ait vécu une telle renaissance et réussi à traduire ces jeux amoureux post adolescents en poésie fraîche, juvénile, sans honte ni regret, conclut le collectionneur en parlant de ces poèmes écrits, selon Neruda lui-même, "lorsque dans cette danse des jours, la vie s’éloigne de ma propre vie".

Pablo Neruda est mort à l’âge de 69 ans en septembre 1973, quelques jours après le coup d’État du général Augusto Pinochet. Alicia vit toujours. Elle réside à Arica, dans le nord du Chili.

Lire l’article du journal El Mercurio sur l’Album d’Isla Negra (en espagnol)

Eduardo Olivares

http://www.francochilenos.com/Des-poemes-inedits-de-Pablo-Neruda.html

Un extrait offert gracieusement par le Pingouin :


Aquí en Isla Negra está la ola estrellada que trae tu recuerdo compañera del cielo.

En tus sueños nacen las olas azules que guardo en este libro perdido

Yo colecciono tus lágrimas, ellas vuelan a una caja que guardo en un jardín donde sólo llega tu sombra.

Aquí está el árbol del olvido, de él saqué un trozo de madera para grabar tu nombre. 

Posté par pigeon voyageur à 19:21 - Commentaires [21] - Permalien [#]

06 juillet 2008

TOUS ENSEMBLE !!!

   

LETTRE OUVERTE DE MASSE
   

   

 

    
       aux états-majors syndicaux       
    

       

 

   
   


   
   

     Signer la pétition   -   Voir les signataires    
   


   
   


   

 

   

Face à la casse généralisée des acquis populaires, seule la construction d'une action déterminée « tous ensemble et en même temps » permettra de stopper la rupture sarkozyste et de remettre la France sur la voie des libertés démocratiques et du progrès social !

Blocage de fait des salaires et pensions, démantèlement de la Fonction publique, de l’Education nationale, et des autres services publics (hôpital, SNCF, EDF-GDF, poste, F.T., impôts…), casse et délocalisation de l’emploi industriel, démolition des conventions collectives, du droit du travail, des statuts publics, étranglement des retraites à répartition et de la Sécu, traque des chômeurs, harcèlement contre les ouvriers sans papiers tout juste bons à payer des impôts, destruction du CNRS, privatisation rampante de l’Université… la « rupture » sarkozyste s’attaque avec brutalité à l’ensemble des acquis sociaux, républicains, laïques et démocratiques du peuple français sous l’impulsion du MEDEF et de l’Union européenne, qui ne cesse de sommer la France de réduire dépenses publiques et sociales. En ce début d'été 2008, la France subit une contre-révolution euro-libérale de grande ampleur et une régression sociale sans précédent depuis 70 ans.

Face à cette offensive mortelle, les Français rejettent massivement la politique socio-économique du gouvernement. Une large majorité de salariés se dit prête à participer à un mouvement d’ensemble pour arrêter le rouleau compresseur de l’UMP et du MEDEF. Des luttes nombreuses et résolues ont lieu (salariés du public et du privé, chômeurs, lycéens, retraités et assurés sociaux, mais aussi travailleurs indépendants écrasés par une politique entièrement au service des grands actionnaires). Notre peuple, sa jeunesse et ses travailleurs, ne se résigne à devenir un peuple d’esclaves !

Pourtant la plupart des états-majors syndicaux continuent d'accompagner la « rupture ». Au lieu de dénoncer l'ensemble de la politique antipopulaire d'un gouvernement qui s'attaque au droit de grève et refuse tout compromis, ils entretiennent la fiction de « négociations » sujet par sujet et signent des accords régressifs, sous prétexte d'obtenir un « moindre mal »... qui débouche toujours sur le pire. Car signer avec Sarkozy, c'est lui donner de l'oxygène pour continuer à casser ensuite (le dernier épisode en date étant la signature du désastreux accord sur la « représentativité syndicale » par les directions CGT et CFDT, sur laquelle le gouvernement s'est immédiatement appuyé pour annoncer que le temps de travail serait désormais « discuté » par entreprise).

Parallèlement, les directions confédérales, pourtant censées coordonner les luttes et les revendications à l'échelle inter-pro, s'appliquent à multiplier les ripostes dispersées, chaque secteur étant appelé à son tour à de grandes journées d'actions isolées et sans perspective. S'agirait-il alors d'organiser des barouds d'honneur à la seule fin de donner des gages à une base combative ? En tout cas, le chef de la CFDT vendait récemment la mèche, en s'inquiétant dans le Monde de ce que le gouvernement « nous entraîne dans une mobilisation globalisante, ce contre quoi j'ai toujours résisté, y compris dans la CFDT » ...

Dans ces conditions, le choix est aujourd'hui plus que jamais pour chaque profession de perdre séparément en plongeant pour longtemps dans l’enfer de l'exploitation sans limite, ou de construire démocratiquement et d’urgence une action « tous ensemble et en même temps » pour gagner et ré-ouvrir enfin des perspectives progressistes.

Les signataires de cette lettre s’engagent à tout faire pour faire monter cette exigence dans leur entreprise, leur quartier, leur syndicat. La balle est dans le camp des directions syndicales nationales qui doivent cesser « d’accompagner » la rupture afin de reprendre le seul chemin gagnant : faire le lien entre toutes les contre-réformes, travailler concrètement à préparer avec les salariés les conditions de l’affrontement de classe victorieux avec ce pouvoir destructeur, construire l’unité dans l’action des travailleurs et de la jeunesse.

   

   

 

   
   

Premiers signataires :

   
    

René BARTHES (Fsu,05), Jean-françois DEJOURS (Fsu,62), Giovanni DI MINO (Fsu,13), Aurélien DJAMENT (Cgt,44), Vincent FLAMENT (Fsu,59), Benoît FOUCAMBERT (Fsu,28), Marion GANDIGLIO (Fsu,43), Georges GASTAUD (Fsu,62), Sylvie GUDUK (Fsu,81), Jacques LACAZE (Cgt,62), Annie LACROIX-RIZ (Fsu,75), Olivier LEFEVRE (Cgt,02), Jacques MAGNIN (Cgt,74), Jean-françois MAISON (Cgt,62), Michelle MALLET (Cgt,75), Bernard PARQUET (Cgt,94), Pascal ROLANDO (Fsu,28), Jacques TOURTAUX (Cgt,51)

    
   

Signer la pétition - Voir les signataires
   

   

   

    

Télécharger la version imprimable (PDF) - Contacter les initiateurs

    

relayé par ANNA

   

Posté par Le Pigeon Bleu à 23:36 - Commentaires [33] - Permalien [#]

DECLARATION DE LA COORDINATION POPULAIRE COLOMBIENNE A PARIS

COLOMBIENS_CONTRE_PARAMILITAIRES Ingrid Bétancourt est libre:

La Coordination populaire colombienne (CPCP) à Paris s’en réjouit pour elle, pour sa famille, ses amis, et tous les comités qui l'ont soutenue. C'est un épilogue heureux après plus de six ans d'attente.

Le peuple colombien est toujours otage:

Le « triomphe » des militaires et du gouvernement d'Uribe n'est pas une bonne nouvelle pour nous : C'est une légitimation de la logique guerrière et des pratiques totalitaires. Une bulle médiatique de plus qui permet d'occulter la para militarisation du régime, la violation quotidienne des Droits de l'Homme, les assassinats systématiques des opposants politiques, syndicalistes, journalistes, défenseurs des Droits de l'Homme.

Initiatives

Communiques

Nous ne pouvons oublier que, en Colombie, près de quatre millions de personnes ont été déplacées de force à l'intérieur du pays, en majorité à cause des groupes paramilitaires. Ces groupes, qui agissent seuls ou avec des membres des forces armées, ont fait disparaitre au moins 15.000 personnes ; ils les ont enterrées dans plus de 3.000 fosses communes ou ils ont jeté leurs cadavres dans les fleuves. Ils ont assassinés plus de 1.700 indigènes, 2.550 syndicalistes et plus de 5.000 membres de l'Union Patriotique. Régulièrement, ils torturent leurs victimes avant de les tuer.

Entre 1982 et 2005, les paramilitaires ont perpétré plus de 3.500 massacres et ils ont volé plus de six millions d'hectares de terres. Depuis 2002 et leur supposée "démobilisation", ils ont assassiné 600 personnes chaque année. Ils ont réussi à contrôler 35% du Parlement. De 2002 à aujourd'hui, des soldats de l'Armée régulière ont commis plus de 950 exécutions, la plupart en "maquillant" des paysans en guerrilleros. Récemment, en janvier 2008, les paramilitaires ont commis 2 massacres, 9 disparitions forcées, 8 homicides alors que l'Armée a perpétré 16 exécutions extra-légales. Depuis le début de cette année, 28 syndicalistes ont été assassinés.

En Colombie, les agents de l'Etat et les paramilitaires violent les Droits de l'Homme et le droit humanitaire. De nombreux groupes paramilitaires ne se sont pas démobilisés. Maintenant ils se font appeler "Aigles Noirs". De nombreux parapolitiques ont des charges publiques ou diplomatiques. En septembre 2007, il y avait 39 affaires. Aujourd'hui, en juillet 2008, il y a plus de 60 parlementaires et hauts fonctionnaires mis en cause dont bon nombre sont en prison). Le président Alvaro Uribe lui-même et son entourage sont mis en cause. L’élection présidentielle de 2006 menace d’être invalidée par une sentence de la Cour suprême de justice après qu’une parlementaire ait été reconnue coupable de subornation par cette même cour.

Avec la libération d'Ingrid Betancourt par les militaires, c'est "La Mano Fuerte" qui gagne. Nous ne pouvons que regretter que la guerrilla n'ait pas libérés plus tôt tous les otages. Ou mieux, qu'elle n'ait jamais eu recours aux enlèvements. Cette victoire est un coup très dur pour les guerrilleros, mais c'est surtout un coup terrible pour l'opposition politique démocratique.

Il va être encore plus difficile de faire entendre une voix divergente dans ce pays en faveur d’une solution politique du conflit, de l’échange humanitaire des prisonniers, en faveur de la vérité, de la justice et de la réparation intégrale pour les victimes.

Alors oui : Bravo pour Ingrid. Mais nous pleurons pour la Colombie, sans pour autant baisser les bras.

Paris, 3 juin 2008.

Non à l'oubli

Tribunal TPP

Colombie / EuropeLiens

Autres résistances

Pour nous contacter : coordinadora.popular@gmail.com

Il m'a semblé nécessaire d'en finir avec le lâche soulagement ambiant et de remettre les choses à leur juste place. Une personne est libérée, peut-être une quinzaine... Mais les autres, les milliers, les millions d'autres, otages du narco-gouvernement URIBE ?!?!?!

NOSE DE CHAMPAGNE

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05 juillet 2008

LE MEPRIS !!!

sarkozy_petit_presidentAujourd'hui, à la convention UMP sur "l'Europe", il a déclaré:

"... Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit !"

Voilà, on est tous prévenus ! Ceux qui veulent encore discuter avec un pareil bouffon n'ont qu'à y aller culotte baissée...

Il est content... Eh ben nous aussi ! Parce que maintenant, y compris pour ceux qui doutaient, les choses seront claires ! Faites passer, diffusez ce bon mot... Il faut qu'il fasse le tour de France !

NOSE DE CHAMPAGNE

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Colonel José Domingo Ramos : mort d’un juste

ramosEn ces jours d’hommages au centenaire de la naissance de Salvador Allende, il est tout à fait opportun de rendre hommage à un homme tout aussi intègre mais injustement méconnu du grand public, même au Chili : le colonel de l’armée chilienne José Domingo Ramos, décédé voici quelques jours à Santiago. Juste et courageux, ce compagnon et ami du général Prats fit partie de ces rares militaires qui, le 11 septembre 1973 osèrent dire non à l’ordre de trahir.

Le temps des Lumières, par Eduardo Olivares

Je n’ai jamais eu l’opportunité de rencontrer le colonel José Domingo Ramos. Je ne l’ai connu que par les récits de sa fille Virginia –à l’époque nous l’appelions Dolly- nous faisait lors de ces soirées où, jeunes militants exilés, nous plongions dans la nostalgie en nous racontant nos familles.

Cela se passait à Paris, l’une des villes où cette fille de militaire devenue pendant l’Unité Populaire l’assistante du général Carlos Prats vécut, elle aussi, une partie de son exil. Dolly parlait de son père avec fierté mais aussi avec une extrême pudeur. Sans compter le fait que l’assassinat de son ancien chef et camarade de son père par une DINA résolue à exporter la terreur partout dans le monde, l’incitait naturellement à la plus grande prudence.

Nous savons déjà à quel point le retour de la démocratie n’aura pas été accompagné par les actes de justice que les Chiliens étions en droit d’espérer. Parmi tous les « oublis », la non reconnaissance de ces héros anonymes dont le courage fut, tout simplement, d’être fidèles à leurs engagements.

L’avocat José Galiano, qui avant d’être le remarquable défenseur des droits de l’homme que l’on connaît, partagea avec le colonel Ramos les bancs de l’Ecole Militaire chilienne, nous raconte dans sa préface du livre de son camarade « Para que nunca más ».

Convoqués par leur chef, à 7 heures du matin de ce 11 septembre, l’ensemble des officiers d’État Major de l’Armée est rassemblé afin de formaliser la « rébellion armée » sous la forme d’un ordre du commandement. Le colonel Ramos s’adresse alors à son chef d’une voix aussi et claire et ferme que la sereine conviction des principes qui l’animaient :

" Mon général, voici 30 ans, j’ai juré, sur le drapeau de ma patrie, de respecter la constitution et les lois de la république. Personne n’a l’autorité de me donner l’ordre de trahir mon serment."

Après quelques instants marqués par l’attitude expectante des officiers bien droits dans leur posture militaire et par quelques expressions incohérentes de son chef, le colonel Ramos quitta la réunion, s’habilla en civil et après l’avoir soigneusement plié, déposa son uniforme dans le bureau de son général.

Bref et austère, le récit de Galiano donne bien la mesure de la qualité morale de l’homme qui, le 29 juin dernier, jour de ses obsèques, reçut enfin de la part de ses camarades, les honneurs militaires qu’on lui devait. Ironies de l’histoire : presque au même moment, la justice chilienne condamnait à la prison à vie le sinistre Manuel Contreras, coupable d’avoir fait assassiner l’ami et compagnon du colonel Ramos, le général Carlos Prats.

Il est heureusement des moments où la justice s’invite malgré tout dans ce monde qui a de plus en plus de mal à la faire régner. Puisse-t-elle éclairer d’une lumière nouvelle tous ceux qui, tel le colonel Ramos, ont été trop longtemps à l’ombre de la haine des canailles ou de l’oubli, lâche ou intéressé, d’une société dominée par ceux que Galiano appelle « les maîtres de l’argent et les arrivistes de toujours ».


Note du Pingouin : dans le même dossier, on peut lire d’autres articles concernant le colonel Ramos

http://www.francochilenos.com/-La-mort-d-un-juste-.html

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04 juillet 2008

DIS DONC, ESTEBAN...

MARCEL_TOILETTE_2 ... toi qui te moque toujours, est-ce que tu peux en faire autant, hein ?!?!?!

Parce que nous les vieux, eh ben on le fait tous les matins en se levant et tout les soirs avant d'aller coucher !

Marcel, y peut t'en remontrer u  rayon, lui aussi !

Tu touches même pas le bout du gros orteil avec l'index ! Tu t'laisses aller, tu t'laisses aller ! comme dit Aznavour, le copain de l'aménien Abonessian et du corse Parcimoni !

Allez, réponds, si t'oses ! Ah tu vois t'oses pas !

NOSE

 

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Les putschistes de l’agro-business en Argentine

C_Kirchner_

Après 100 jours de lock-out putschiste, les barons de l’agro-business argentin ont décidé de suspendre les barrages sur les routes et d’autres formes violentes de protestation qui ont causé de graves pénuries dans l’approvisionnement de tout le pays avec l’objectif de déstabiliser le gouvernement démocratiquement élu de Cristina Kirchner.

Selon Alfredo Angeli, patron de la FAA ( Fédération Agraire Argentine, syndicat patronal agricole, ndt ), les vieilles oligarchies latifundiaires, aujourd’hui rebaptisées en agro-business, doivent concentrer leurs forces dans la pression sur les parlementaires, qui entament le débat sur le projet de loi visant à taxer les exportations de céréales – que l’on nomme les "retenues".

"Nous irons camper à l’Assemblée" menace-t-il !

Le conflit agraire chez nos voisins, riche d’enseignements pour les Brésiliens, reflète la radicalisation de la lutte de classes en Amérique Latine.

D’un côté, les quatre organisations rurales ( F.A.A., Sociedad Rural Argentina, Confederaciones Rurales Argentinas et CONINAGRO, organisations patronales, ndt ), avec des intérêts divers, qui refusent de payer plus d’impôts, malgré la fortune amassée avec l’augmentation des prix de leurs productions et la croissance soutenue de l’économie – une moyenne annuelle de 8% ces dernières années. L’agro-business est puissant dans une économie reposant sur l’agriculture. L’Argentine est le troisième plus grand producteur mondial de soja – presque exclusivement transgénique –, ce qui a rapporté l’an passé 13 millions d’US$ sur le marché extérieur. Elle est aussi grande exportatrice de viande et de blé.

Médias, généraux, évêques et classe "merdienne"

Les grands propriétaires peuvent compter sur l’appui déclaré des grands média hégémoniques, en particulier l’abject journal "Clarin" ; de vieux généraux putschistes qui ne cherchent même pas à cacher leur sinistre figure lors des défilés de l’opposition ; d’une hiérarchie catholique sclérosée, nostalgique du bon vieux temps de la dictature militaire et la fameuse classe "merdienne" ( jeu de mots du rédacteur sur classe moyenne, ndt ), spécialisée en défilés de casseroles dans les quartiers chics comme Recoleta et Belgrano . Dès le début du conflit le 11 mars, ces secteurs putschistes n’ont pas masqué leur désir d’en finir avec la Présidente Cristina Kirchner. Les plus exaltés vont même jusqu’à appeler de leurs vœux le retour de la sanguinaire dictature militaire, qui a séquestré et assassiné plus de 30 mille Argentins entre 1976 et 83.

Pour donner corps à ce projet, les barons de l’agro-business ont opté pour la stratégie du chaos économique. Les barrages criminels sur les routes ont provoqué des pénuries sur les aliments et les combustibles dans plusieurs villes, jusqu’à la capitale. L’industrie a, de son côté, fait planer la menace de 50 000 licenciements en raison des manques de matières premières et d’énergie. L’Union Industrielle Argentine, la plus grande organisation patronale du pays, a prétexté que le mouvement la contraignait à de telles mesures. L’Association des Supermarchés a précisé pour sa part que les barrages avaient affecté le transport de marchandises en général et pas uniquement celui des céréales destinées à l’exportation. Ce désastreux blocus, qui a pratiquement stoppé la vente de céréales à l’exportation, a entraîné une perte de 1 milliard de US$ de taxes pour le gouvernement.

Le lock-out des "généraux de la planète médiatique"

De l’autre côté, se trouve le gouvernement de Cristina Kirchner, avec toutes ses ambiguïtés. Elle et son mari, Néstor, ont été élus avec l’appui des secteurs agraires et ont appliqué une politique de soutien à l’agro-business – y compris en libéralisant totalement la culture des O.G.M.. Comme le souligne Miguel Croceri, professeur à l’Université de La Plata, les grands propriétaires ont été largement favorisés par le gouvernement actuel, "atteignant des records de profit et de faramineux bénéfices grâce à l’exportation". Avec le retour de l’inflation sur les denrées alimentaires, Cristina a décidé de publier un décret qui relève le montant des "retenues". Voilà la vraie raison de cette violente réaction des grands patrons agraires. Jusqu’à maintenant, malgré quelques hésitations, elle maintient fermement ce cap.

Dans une courageuse attitude, Cristina s’est évertuée à mobiliser sur un plan politique la société, par des manifestations. Elle a, à l’occasion d’un rassemblement en avril, rappelé que le coup d’état du 24 mars 1976 avait été lui aussi précédé d’un mouvement du même type de la part des latifundiaires, et elle a dénoncé des figures du mouvement de l’époque aujourd’hui impliquées dans cette campagne. . "Le passé cherche à revenir mais il n’ y parviendra pas", a-t-elle déclaré. Comme elle l’a souligné, le putschisme actuel ne se distingue que par un aspect :"Cette fois, il ne sont pas venus avec des tanks mais portés à bout de bras par les "généraux de la planète médiatique" qui ont confisqué l’information en la triturant et en l’orientant ".

Plusieurs centrales syndicales, l’héroïque Association des "Mères de la Place de Mai", la grande majorité du mouvements des "piqueteros" ( mouvement spontané de comités de chômeurs qui s’est formé lors de la grande crise du début des années 2000 et maillon essentiel du mouvement social argentin aujourd’hui, ndt ) et quelques partis de gauche soutiennent ces mesures d’augmentation des "retenues", tout en critiquant les ambiguïtés du gouvernement. Lors de la grande manifestation du 18 juin, où plus de 100 000 personnes ont envahi la place de Mai, les employés de banque ont bloqué les agences de la capitale et plusieurs vols ont été annulés ou retardés. Selon le reporter du journal "Brasil de Fato" ( Journal du Mouvement des Paysans Sans Terre du Brésil – MST, ndt ), "la manifestation a illustré la très grande diversité des soutiens, où nombre d’artistes et d’intellectuels ont défilé au côté des représentants du mouvement social ".

Le journal publie également une interview du dirigeant de la Fédération "Tierras y Viviendas"
( Fédération de la centrale syndicale C.T.A. regroupant des paysans sans emploi et des piqueteros, ndt ), l’ex-député Luis D’Elia, qui accuse l’oligarchie médiatique de " chercher à déstabiliser la démocratie afin de créer les conditions propices à la destitution de Cristina". Hebe Bonafini, leader des "Mères de la Place de Mai" appelle le peuple à se mobiliser pour " la défense de la démocratie et de la liberté. Pas de retour en arrière !".

Un manifeste signé par près de 900 intellectuels s’en prend aussi au putschisme de l’oligarchie agraire.

Le philosophe Rubén Dri pousse même un cri d’alarme: "le putsch est déjà lancé. Des phrases telles que ‘nous sommes en guerre’ et ‘c’est une révolution’ témoignent de l’état d’esprit de le droite mais aussi de la gauche stupide". La section brésilienne de la LIT ( Liga Internacional de Trabalhadores –4ème Internationale trotskyste, ndt ), le PSTU brésilien a ouvertement soutenu les barrages sur les routes.

Le vrai fléau de l’agriculture

La suspension temporaire des barrages ne met pas pour autant un terme aux affrontements de classes en Argentine. Les "retenues", crées en 1967, suspendues dans les années 90 par le néo-libéral Carlos Menem et reprises en 2002, ont trois objectifs majeurs : redistribuer les considérables profits du secteur engendrés par le boom sur les produits agricoles ; financer les subsides sur les engrais et le combustible dont les prix sont contrôlés par le gouvernement ; et éviter toute flambée des prix des céréales et de leurs dérivés sur le marché intérieur. Lors de la brutale récession du début de ce siècle, cet impôt a constitué un des piliers du rétablissement économique du pays, apportant les liquidités nécessaires pour le moratoire sur la dette extérieure et pour mettre fin à la parité dollar-peso. Il représente actuellement 13% des recettes fiscales de l’Union Argentine.

Même des économistes proches du néo-libéralisme reconnaissent que cet impôt est indispensable pour le pays. Pour Luiz Carlos Bresser Pereira, ex-ministre de Fernando Henrique Cardoso ( dernier Président du Brésil, social-démocrate de droite, ndt ), les "retenues" sont "absolument fondées" et ont permis la "remarquable croissance de l’Argentine ces dernières années". Elles ont empêché que le pays ne dépende trop que de sa production agricole en finançant son industrialisation et autorisant une meilleure redistribution des richesses. L’économiste brésilien rappelle que le Brésil a aussi pratiqué ce type de retenues, intitulées "confisco cambial" ( "retenue de change", ndt ), entre 1930 et 1980, et qui ont permis l’industrialisation nationale. "Le Brésil pourrait doubler son taux de croissance s’il appliquait la même politique, mais, chez nous, personne n’a le courage de s’attaquer au secteur agricole".

Avec leur violente et longue campagne de barrages et de blocus, les barons de l’agro-business ont démontré qu’ils se souciaient comme d’une guigne de l’avenir du pays et de son peuple. À l’image de l’oligarchie brésilienne, leurs homologues argentins n’ont comme seule et unique préoccupation l’importance de leurs profits. Leur discours nationaliste, empreint de grands slogans sur le progrès économique, constitue juste une façade masquant leurs appétits capitalistes. Leur attitude putschiste et arrogante est en tous points identique. Lors des élections présidentielles brésiliennes en 2006, beaucoup de ces "saigneurs" de la terre arboraient sur leur véhicule de grands autocollants avec ce slogan : "Lula, le fléau de l’agriculture". N’alimentons donc aucune illusion sur la nature des potentats de ce secteur, qui ne se sont jamais défaits de vieilles habitudes héritées de leur passé esclavagiste.

Altamiro BORGES

Journaliste, membre du Comité Central du PcdoB, auteur de nombreux ouvrages sur le syndicalisme

http://altamiroborges.blogspot.com/2008/06/o-agronegcio-golpista-da-argentina.html

 

Traduction : Pedro DA NOBREGA

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SAUVONS L'HOPITAL PUBLIC !!!

L’hôpital public a subi plusieurs attaques : pénurie de personnel médical conséquence d’un numerus clausus trop restrictif poursuivi pendant deux décennies, manque d’infirmières aggravé par les conditions d’application de la loi des 35 heures aux hôpitaux, sous financement délibéré par la tarification dite à l’activité sous évaluant lourdement les activités de l’hôpital public, limitation abusive de l’enveloppe budgétaire nationale. Résultat : 29 des 31 Centres Hospitalo-Universitaires (CHU) ont un compte d’exploitation négatif, le déficit programmé des hôpitaux dépasse, comme prévu, les 350 millions d’euros. Le retour à l’équilibre nécessiterait d’après la Fédération Hospitalière de France la suppression de 20 000 emplois. Pendant ce temps, la Générale de Santé, qui possède 180 cliniques privées, a versé 420 millions d’euros à ses actionnaires. Le secteur des cliniques privées à but lucratif se développe et se restructure sous l’emprise des fonds d’investissements internationaux, exigeant des taux de rentabilité financière entre 15 et 20 %.

Certes, les hôpitaux doivent améliorer leur organisation et leur efficience, mais les réformes en cours et une partie des mesures préconisées par le rapport du sénateur Larcher, vont entraîner une privatisation progressive de l’hôpital public. Bientôt, les médecins et chirurgiens et même les directeurs d’hôpitaux pourront être embauchés sous contrats privés avec intéressement aux bénéfices selon une logique contraire à l’éthique du service public. La prochaine étape sera le changement de statut des hôpitaux pour permettre plus facilement des licenciements, considérés comme une variable de régulation financière. Telle est la logique de « l’hôpital entreprise » et de la marchandisation de la santé. Parallèlement, cette course à la rentabilité entraînera la suppression d’activités médicales jugées peu ou pas rentables, le développement des cliniques privées à but lucratif et la généralisation des dépassements d’honoraires.

Du paiement à l’activité de l’hôpital au paiement à l’acte des chirurgiens et des médecins, du paiement à l’acte aux dépassements d’honoraires, des dépassements d’honoraires à l’entrée des assurances dans le système de soins, voilà l’enchaînement dans lequel nous sommes rentrés. Le système de santé français, basé sur la solidarité, permettant à chacun d’être soigné pour l’essentiel selon ses besoins et pas selon ses moyens, va laisser place à un système mixte où la part de la solidarité sera réduite tandis qu’augmentera la part des financements personnels assurés par la souscription à des assurances privées. Chacun sera alors soigné en fonction de ses moyens. Ce sera la santé, non pas à deux vitesses, mais à dix vitesses ! La carte Bleue remplacera la carte Vitale !

Pour assurer la sauvegarde de l’hôpital public, nous demandons :

1- De renoncer à l’objectif d’un mode de financement identique entre le secteur public et le secteur privé à but lucratif (la soi-disant « convergence public/privé ») qui ne peut se faire qu’au détriment des activités jugées non rentables. Ni les missions, ni la structure des coûts des deux secteurs ne sont comparables. L’objectif annuel de financement des hôpitaux fixé par le gouvernement doit être séparé entre les deux secteurs, hôpitaux publics et établissements privés à but non lucratif d’une part et établissements privés à but lucratif d’autre part.

2- De mettre en place une couverture territoriale sanitaire afin d’assurer l’égalité d’accès à des soins de qualité à tarifs correctement remboursés.

3- D’interdire l’augmentation de la part du privé à but lucratif dans le système hospitalier et la réalisation de monopoles territoriaux des cliniques privées.

4- De décréter un moratoire sur l’extension de la tarification à l’activité (T2A), à des disciplines telle que la psychiatrie (la T2A ne prend en compte que la quantité des soins mais ni leur pertinence ni leur qualité).

5- De définir pour les pathologies chroniques des forfaits de prise en charge ambulatoire au lieu du paiement à l’acte ou d’hospitalisation de jour.

6- De créer une institution indépendante charger d’une révision transparente des tarifs de la T2A .

7- De porter le financement des missions de service public à 50% du budget hospitalier comme le réclame la Fédération Hospitalière de France.

8- De maintenir, à l’opposé de la conception « hôpital-entreprise », un équilibre entre la direction administrative, la direction médicale et la direction en soins infirmiers travaillant de concert.

9- De garantir le maintien des services et unités de soins où les équipes médicales et paramédicales assurent la continuité et la qualité des soins dont ils assument la responsabilité. Les regroupements de services en départements ou pôles doivent se faire sur la base de projets médicaux cohérents et non sur une simple base de gestion.

10- De ne pas introduire dans les hôpitaux le paiement à l’acte et l’intéressement aux bénéfices qui provoqueront des conflits d’intérêts préjudiciables aux usagers et à l’harmonie du travail d’équipe.

-Nous lançons un appel aux professionnels de santé et à l’ensemble des usagers pour qu’ils demandent avec nous que soit organisé un large débat public sur l’avenir de l’hôpital, et que les hôpitaux ne soient pas financièrement étranglés avant d’être progressivement privatisés, sans que les citoyens aient eu à en décider.

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03 juillet 2008

scandale CPAM suite

C’est une immense nouvelle pour les assurés sociaux et l’Union des Familles Laïques (UFAL), seule organisation à avoir dénoncé le scandale des dysfonctionnements liés au dispositif des caisses pivots qui a permis, rappelons-le, aux établissements de soins privés et en particulier au groupe Générale de santé d’encaisser à hauteur de plusieurs millions d’euros des doubles paiements émis à tort par les Caisses Primaires d’Assurance Maladie. Ce scandale révélé par l’UFAL et relayé par un certain nombre de médias (voir la revue de presse) tels que le Canard enchaîné du 14 février 2007, le Parisien du 13 novembre 2007, l’Humanité du 13 décembre 2007 et Marianne.fr du 17 décembre 2007 prend un nouveau tournant puisque la cour des comptes, après avoir été saisie par l’UFAL, association de défense des assurés sociaux agrée par le Ministère de la Santé, souligne longuement dans son rapport (page 67 à 72) sur la certification des comptes de la Sécurité Sociale, le manque de rigueur qui entoure la gestion par les caisses pivots des paiements des factures émises par les cliniques privées.

La Cour souligne donc que les procédures actuelles sont non seulement insuffisantes mais plus grave encore, les procédures déployées actuellement par les caisses ne permettent pas d’arrêter le processus des doubles paiements des factures présentées par les cliniques privées.

A ce propos, l’UFAL conforte les analyses de la cour des comptes et informe à son tour qu’elle détient de nouvelles preuves matérielles prouvant que les caisses, et ce malgré les recommandations de la cour des comptes, continuent à alimenter indûment la trésorerie des cliniques privées.

Face à ce constat, les auditeurs de la cour indiquent dans leur rapport, et sans donner de chiffres, qu’ils sont soumis à une limitation à leurs travaux de certification sur les sommes comptabilisées dans les comptes de prestations et les comptes de tiers associés au processus de règlement aux Cliniques privées.

En raison de la gravité des faits et le refus de la direction de la CNAM de nous recevoir et de mener les actions nécessaires pour recouvrir les doubles paiements émis à tort par les caisses pivots, l’UFAL demande instamment à être reçue par le Ministre des Comptes Publics, Monsieur Eric Worth, afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire qui reste sans précédent. L’UFAL demande également que les établissements ayant bénéficié indûment en trésorerie de l’argent des assurés sociaux soient poursuivis par le service ad hoc de la CNAM et éventuellement traduits dans les meilleurs délais devant la justice pour que l’argent ainsi détenu soit rendu dans les meilleurs délais à l’Assurance-maladie.


Bernard Teper Président de l'UFAL 06.08.10.44.52

Slim Ghedamsi Responsable du Secteur Santé et Protection Sociale de l'Ufal 33614754505

2 - Le directeur de la CNAM destructeur de l'Assurance Maladie solidaire!

jeudi 3 juillet 2008L'UFAL se félicite de la forte mobilisation qui a entraîné le gouvernement et Frédéric Van Roekeghem, Directeur Général de la Caisse Nationale de l'Assurance Maladie, à suspendre le projet visant à réduire le taux de remboursement de certains médicaments à destination des malades chroniques bénéficiant de l'ALD.

Cette mesure extraordinairement injuste pour ces malades qui se trouvent ainsi projetés dans une double peine tant ils doivent supporter des soins lourds et assumer en parallèle un financement de plus en plus conséquent des frais générés par leur maladie.

Pendant ce temps-là, le directeur général de la CNAM, premier destructeur de l'Assurance maladie solidaire, n'hésite pas à lancer à tout bout de champ et sans concertation des plans de rigueurs (fermeture des centres de Sécurité Sociale, réduction des effectifs, taxation téléphonique pour les malades...) visant à détruire la sécurité sociale assise sur la solidarité entre tous.

A l'inverse, ce dernier continue d'une manière scandaleuse non seulement à ne pas mettre fin aux dysfonctionnements du dispositif des caisses pivots qui alimentent indûment la trésorerie des cliniques privées puisque une bonne partie des cliniques situées en Ile de France ont bénéficié récemment des doubles paiements des factures qu'elles ont présentées à leurs caisses pivots, mais également le directeur de la CNAM persiste à ne pas déclencher les contrôles nécessaires visant à récupérer les millions d'euros versés aux cliniques privées au cours de ces dernières années.

En effet, l'Union des Familles Laïques tient à informer les assurés sociaux et les contribuables qu'elle détient de nouvelles preuves accablantes démontrant que les dysfonctionnements liés au dispositif des Caisses Pivots déjà largement relayé par l'ensemble de la presse (voir la revue de presse) dont le Canard Enchainé du 14.02.2008, Le Parisien du 13 novembre 2008, l'Humanité du 13 décembre 2007 ainsi que Marianne.fr du 17 décembre 2007 continuent à ce jour.

L'UFAL constate une nouvelle fois que les dirigeants de la CNAMTS tentent de passer sous silence les nouveaux dysfonctionnements relevés qui pourtant alourdissent le déficit de la Sécurité Sociale. La CNAM continue donc à protéger l'Hospitalisation Privée, plutôt que de contraindre ces cliniques aux titres des articles 1235 - 1376 et le cas échéant 1378 du code civil de réparer les préjudices dolosifs que les assurés et les contribuables subissent depuis maintenant plusieurs années.

L'UFAL appelle donc l'émergence d'un vaste mouvement social à front le plus large possible pour s'opposer à cette liquidation de la Sécurité Sociale solidaire.


Bernard Teper Président de l'UFAL 06.08.10.44.52

Slim Ghedamsi Responsable du Secteur Santé et Protection Sociale de l'Ufal 33614754505

relayé par ANNA


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01 juillet 2008

Chili :condamnations pour l’assassinat du Général Carlos Prats

Carlos_PratsLe Général Carlos Prats a été assassiné le 30 septembre 1974 dans un attentat à la voiture piégée à Buenos Aires, où il était réfugié, avec son épouse Sofía Cuthbert. L’ancien Commandant en Chef de l’Armée de Terre était resté fidèle au Président Salvador Allende après le Coup d’État du 11 septembre 1973.

Neuf anciens membres de la DINA (police politique) du dictateur Augusto Pinochet sont aujourd’hui condamnés pour ce double assassinat.


En premier lieu, le Général Manuel Contreras Sepúlveda, ancien Directeur de la DINA, déjà sous les verrous pour différentes violations des Droits de l’Homme. Il cumule désormais 289 années de prison en 25 procès, mais 57 seulement sont confirmées par la Cour Suprême.


Pedro Espinoza Bravo : 60 ans de prison.

José Zara Holguer : 20 ans de prison.

Juan Hernan Morales Salgado : 20 ans de prison.

Mariana Callejas Honores : 20 ans de prison.

Cristoph Willeke Floel : 20 ans de prison.

Raúl Iturriaga Neumann : 15 ans de prison.

Jorge Iturriaga Neumann : 10 ans de prison.

Reginaldo de la Cruz Valdes Alarcón : 3 ans de prison.


Prats_2

Prats